Soudan: Le nouveau pouvoir tente toujours de convaincre

Le nouveau pouvoir soudanais poursuit son opération de séduction avec un appel à la communauté internationale à soutenir le Conseil militaire de transition qui a renversé le président Omar el-Béchir cette semaine, pour parvenir à une transition démocratique. Appel aussi à l’opposition pour proposer le nom d’un Premier ministre.

Un nouveau chef du service de renseignement a été annoncé dimanche 14 avril au soir au Soudan. Le général Aboubaker Moustafa doit succéder au redouté Salah Gosh après sa démission samedi.

La restructuration du très puissant et très redouté service du renseignement soudanais, le NISS, fait partie des demandes formulées par les chefs de la contestation populaire. Le NISS est l’un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces 4 derniers mois.

Autre annonce, le limogeage du chargé d’affaires en poste à Washington, Mohamed Atta, un ancien chef des services de renseignement.

Un indépendant pour diriger le prochain gouvernement

L’armée s’est engagée à nommer une figure indépendante pour diriger le prochain gouvernement. Elle demande en fait aux représentants de la contestation populaire de se mettre d’accord sur un nom. Ce Premier ministre serait ensuite chargé de former un gouvernement civil.

C’est ce qui est ressorti d’une réunion entre le Conseil militaire et des partis politiques ce dimanche. Mais cette nouvelle main tendue vers les contestataires ne semble pas convaincre.

D’abord, la réunion elle-même a été boycottée par les leaders de la contestation, les « forces de liberté et de changement », cette coalition qui regroupe des partis d’opposition et l’Association des professionnels soudanais. Ils ont refusé de s’y rendre du fait de la présence du parti d’Omar el-Béchir. Intolérable, selon eux.

Ces représentants de la contestation disent aussi attendre une réponse du Conseil militaire à une série de propositions qu’ils ont faites samedi. Comme celle de dissoudre le Conseil militaire ou d’y intégrer des civils, ou encore d’accepter que ce Conseil ne concentre pas tous les pouvoirs.

Le bras de fer se poursuit à Khartoum où la rue maintient ses revendications, celle d’un transfert immédiat du pouvoir à un gouvernement civil. L’Association des professionnels soudanais demande aussi que ce nouveau gouvernement fasse juger Omar el-Béchir. Résultat, devant le quartier général de l’armée, dimanche soir, des dizaines de milliers de manifestants étaient toujours au rendez-vous.

■ Premières réactions internationales : les États-Unis en tête

Washington n’a pas perdu de temps pour reprendre contact avec le nouveau pouvoir à Khartoum. Le chargé d’affaires américain Steven Koutsis s’est entretenu avec le numéro deux du nouveau régime, Mohammad Hamdan Daglo.

Selon l’agence de presse soudanaise, celui-ci aurait informé le représentant américain des mesures prises par le nouveau pouvoir pour préserver la sécurité et la stabilité dans le pays.

Depuis plusieurs années, Khartoum est devenu l’une des plus importantes bases de la CIA, l’agence de renseignement américaine, pour lutter contre le terrorisme.

Autres réactions d’ex-alliés d’Omar el-Béchir, celle de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Les deux capitales ont réagi avec prudence, indiquant leur soutien au peuple soudanais et exprimant l’espoir d’une transition pacifique.

Selon un chercheur cité par l’AFP, les États du Golfe regardent avec appréhension ce qui se passe au Soudan. Ils craignent un effet de contagion et vont tout faire pour que la transition se fasse dans la continuité, c’est-à-dire que le Soudan reste sous la coupe de l’armée.

RFI

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